
Le Luxembourgeois Gilles Muller, 21 ans, est classé 69e au classement ATP.
Il a battu Agassi 6-4, 7-5 !
L'événement s'est passé au mois d'août cette année en demi-finale d'un tournoi ATP disputé à Washington D.C. Alors classé 162e au monde, le gaucher de 21 ans savait qu'il n'avait rien à perdre contre la légende du tennis. Et il a gagné ! La transition chez les pros est bien complétée pour l'ex-numéro un mondial chez les juniors. Rencontrez le sympathique Luxembourgeois Gilles Muller.

Un joueur créatif sur le terrain.
« J'ai perdu un an à continuer de jouer chez les juniors », m'a confié celui qui a remporté le US Open chez les juniors en 2001. Celui qui s'entraîne à l'Académie Sanchez-Casal depuis deux ans voit une énorme différence entre les pros et les juniors. « Chez les juniors, tu peux te permettre de relâcher alors que chez les pros, il faut être là à tous les points », estime-t-il.
Le 69e joueur au monde concède qu'il n'était pas préparé à passer chez les pros. « J'ai eu du mal à trouver mon rythme », se rappelle-t-il. Avec des victoires contre Andre Agassi, David Nalbandian et Sjeng Schalken cette année, Gilles Muller semble avoir trouvé son rythme de croisière en 2004, en gagnant près de 100 positions au classement ATP.

Gilles Muller fait quatre heures de conditionnement physique par jour avec son entraîneur, le Belge José Salvat.
Étrangement, le Luxembourgeois ne semble pas voir un énorme avantage à être gaucher. « J'ai peut-être l'avantage quand je sers à 40-30 », m'a-t-il répondu. C'est que le colosse de 6'5" est un type de joueur créatif qui ne suit pas nécessairement ses patrons de jeu lors des points importants. Il mixte continuellement son jeu pour se laisser des options.
J'en ai eu la démonstration hier alors qu'il a disputé un match amical contre le 7e joueur au monde, l'Argentin Guillermo Coria, sur la surface dure de l'Académie Sanchez-Casal. Avec deux balles de bris et contre toute attente, le Luxembourgeois n'a pas hésité à monter au filet sur la deuxième balle de service de l'Argentin. Lors des échanges, il a souvent pris à contre-pied le joueur pourtant considéré le plus mobile chez les pros.

Guillermo Coria a enlevé le set 7-5 contre Gilles Muller vendredi.
Après avoir dominé tout le set, le Luxembourgeois a, une fois de plus, voulu surprendre son adversaire en tentant une puissante deuxième balle de service sur une balle de set pour Coria. « Gracias », a lancé l'Argentin après que la balle se soit arrêtée dans le filet. Malgré sa défaite de 5-7, Gilles Muller a démontré qu'il avait sa place parmi les meilleurs.

Go for it Gilles!