
Première défaite officielle en Espagne
Perdre
Je frappe un revers. La balle tombe à l’extérieur. Je baisse la tête. Je réalise que je viens de perdre. Je sais que dans les prochaines heures, je vivrai trois sentiments intenses.
D’abord, la rage de vouloir briser ma raquette en mille morceaux. Ensuite, l’envie de pleurer toutes les larmes de mon corps. Enfin, la détermination de travailler jour et nuit pour qu'une telle situation ne se reproduise plus !
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Ma raquette bien intacte malgré la défaite.
Mon commanditaire Yonex n’a pas à s’inquiéter. Je n’ai pas brisé ma raquette. Mieux, malgré l’intensité du match, je ne l’ai pas lancée une seule fois !
N’achetez pas d’actions de la compagnie qui fabrique des Kleenex. Je n’ai pas pleuré toutes les larmes de mon corps. Quelques-unes au plus.
Cependant, vous pouvez compter sur moi pour redoubler d’ardeur au cours des prochaines semaines !
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J’ai donc perdu 6-3, 5-7, 1-6 contre Carlos Mier y Leon. Je savais que la partie ne serait pas facile. Le Péruvien de 19 ans s’entraîne 12 mois par année depuis deux ans à l’Académie Sanchez-Casal et rêve de jouer sur le circuit professionnel.
À tous les niveaux, son jeu est supérieur au mien. Meilleur coup droit, meilleur revers, meilleur service, meilleure volée, etc. Mes seuls avantages, si on peut dire, sont mes jambes et ma combativité.

Encore bien des balles à frapper...
Mon plan de match consistait à jouer son revers, changer continuellement le rythme du jeu et me battre comme un diable dans l’eau bénite !
Ce stratagème a fonctionné… le temps d’un set. Dès le 2e set, Carlos a réalisé ce qui se passait et s’est mis à augmenter sérieusement le tempo des échanges. Il n'a plus tiré de l'arrière.
Sa visible nervosité de perdre contre un joueur de mon niveau m’a permis de tenir le coup. J’ai même sauvé quatre balles de set !
Au 3e set, les carottes étaient cuites. Le Péruvien avait retrouvé sa confiance et son rythme et, à moins d’avoir une arme à mon jeu, mon petit stratagème n’allait plus faire long feu.
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Ludovic m'aidera à plaider ma cause.
Cette défaite m’a fait réaliser que je dois changer de groupe. Je ne progresserai pas aussi rapidement en jouant et m’entraînant chaque jour avec des enfants que je domine facilement.
Je veux bien croire que je ne suis pas de niveau ATP, mais n’ai-je pas démontré ma capacité à chauffer les grands ? Ludovic s’est offert d’être mon traducteur. Demain, nous irons plaider ma cause à l’entraîneur en chef. Histoire à suivre...